La musique, ça s'apprend très vite !
A
cause de leur institutrice qui chantait faux et bannissait la musique,
beaucoup d’enfants arrivent à l’adolescence avec une voix de casserole.
Parce que, de nos jours, on entend plus qu’on écoute réellement,
certains passionnés ont décidé d’initier les enfants aux sons, dès leur
plus jeune âge. Avant un an, bébé est déjà capable d’aborder la
musique.
Cet article, signé Sophie Leroy, a paru dans Bonjour Bébé en Septembre 98. |
"Quand
mon fils est né, je lui jouais des berceuses de Chopin pour le calmer.
Si je lui passais le disque, ça ne fonctionnait pas ! ". Véronique
Meunier, ex-prof de musique dans le secondaire, a depuis longtemps
compris l'importance des sons et de leur apprentissage dans une
vie."C'est très utile pour la mémoire, mais également pour les langues.
La connaissance de la musique conduit à l'éveil de l'oreille." Mais
outre tous ces objectifs qui feront de bébé un futur "bon écouteur", la
musique crée aussi une relation spécifique.
"Je
conseille à toutes les mamans de s'asseoir avec leur enfant et
d'écouter de la musique. Il s'agit de créer là un moment privilégié,
qui ne se reproduira plus! C'est une relation fusionnelle, qui
entretient les liens entre la mère et son enfant. Un peu dans la lignée
des bébés nageurs."
Mais comment
initier bébé à l'harmonie si l'on est soi-même une piètre musicienne?
Il existe différents centres qui proposent une approche musicale dès le
plus jeune âge. Ainsi, Véronique Meunier a ouvert son école de musique,
réservée aux enfants dès neuf mois. "A 12 ans, il est bien trop tard,
affirme-t-elle. Je décelais chez mes élèves du secondaire des problèmes
de latéralisation, de pulsation. Ils n'étaient pas capable de garder un
tempo, de sentir le cœur de la musique."
En famille
A
La Chaise Musicale, à Bruxelles, l'apprentissage des sons est
extrêmement ludique. Jusqu'à trois ans, les enfants sont accompagnés
d'un parent. Et les papas sont de plus en plus nombreux à vouloir
assister au cours... et à mettre de l'ambiance. "Les mamans sont
toujours plus calmes !", constate Véronique Meunier, la responsable.
Chez elle, c'est tout un arsenal qui est mis à disposition des enfants:
percussions, castagnettes, maracas... Formes et couleurs sont de la
partie, avec les instruments en forme d'animaux, par exemple. De quoi
favoriser l'adaptation, parce que les bébés débarquent complètement
déboussolés dans cet univers de bruit, s'ils n'ont jamais été
familiarisés au monde de la musique. "Certains ont très peur, mais
après deux semaines, ils sont habitués. J'ai un petit qui hurlait au
premier cours. Quinze jours plus tard, il tapait sur la batterie !", se
rappelle la responsable de La Chaise Musicale.
Ici,
rondes et comptines sont reines. Les mamans et papas donnent les mains
aux enfants, et tournent en reprenant les refrains de leur enfance. "La
tradition orale se perd de plus en plus, constate la prof. On essaie de
retrouver des chansons du folklore que nos grands-mères chantaient.
Évidemment, les mamies sont ravies." Pour la reconnaissance des sons,
c'est encore le jeu qui prime: la monitrice cache l'instrument sous un
drap, et ses petits élèves doivent deviner ce qui crée le son entendu.
De toutes les couleurs
La
musique est universelle: pas besoin d'appartenir à une communauté
linguistique pour s'initier! "Nous sommes situés derrière une école
néerlandophone, précise Véronique Meunier. Les petits élèves nous
rejoignent. Et nous recevons aussi beaucoup de nationalités
différentes. Quand l'un vient, le système de bouche-à-oreille
fonctionne, et je me retrouve avec des cours ne regroupant quasiment
que des enfants issus d'une seule communauté."
Ce
genre d'initiation dès le plus jeune âge est souvent prodiguée par des
établissements privés. Certaines académies s'ouvrent aux enfants dès
trois ans. De même, les Jeunesses Musicales, fonctionnent selon un
système de découverte à la musique. Des séances mensuelles ou des
stages de vacances s'adressent aux jeunes enfants. Pour les plus
jeunes, des initiation sont prévues dans des crèches, dans certaines
régions du pays. La découverte des sons se fait via différents thèmes,
comme "Les animaux et la musique". L'accent est parfois mis sur la
musique classique, parfois sur les rythmes des autres continents...
Chaque section régionale possède sa spécificité.
Avant de naître
Le
chant pré-natal recèlerait des vertus insoupçonnées. Véronique Meunier
aimerait d'ailleurs inclure cette formation dans le programme de La
Chaise Musicale. "Le but, c'est d'abord de vivre une chouette
grossesse, en partageant des moments agréables avec d'autres femmes
enceintes. De plus, le chant permet d'avoir un contact avec l'enfant
qui n'est pas encore né: ce qu'il entend le plus, c'est la voix de sa
mère. De plus, chanter apprend à contrôler la respiration. Au moment de
l'accouchement, une bonne maîtrise de la respiration est toujours utile
!"
Sophie Leroy
Bonjour Bébé, Septembre 1998
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